Aller au contenu
trvis
  1. Accueil
  2. L'atelier
  3. Le prix et la marge
  4. Le prix plancher d'une intervention : la méthode

Le prix et la marge

Le prix plancher d'une intervention : la méthode

Un prix plancher n'est pas un prix bas. C'est la limite sous laquelle l'intervention coûte plus qu'elle ne rapporte, coût horaire chargé, pièces au prix d'achat réel et déplacement compris. Deux divisions suffisent à le calculer. Le plus difficile n'est pas la formule, c'est de connaître les nombres qu'on y met.

Publié le 9 septembre 20265 min de lecturePar MEI Group, éditeur de Torvis

Le prix plancher d'une intervention est le prix de vente hors taxes en dessous duquel l'entreprise perd de l'argent. Il se calcule en divisant le coût de revient de l'intervention par un moins la marge minimale que l'entreprise s'est fixée. Pour un coût de revient de 115,90 euros et une marge minimale de 25 %, le plancher est de 154,53 euros. Vendre 140 euros, c'est vendre sous le plancher, même si le client est content et que le technicien a fini en une heure.

Trois nombres, et pas un de plus

Le coût de revient : le temps réel au coût horaire chargé du technicien, les pièces au dernier prix d'achat connu, le déplacement, et les frais généraux en proportion. Sans le coût horaire chargé, le reste du calcul est faux, et c'est le nombre que la plupart des entreprises n'ont pas.

La marge minimale : le pourcentage du prix de vente sous lequel vous refusez de descendre sans le savoir. Les repères professionnels placent la marge nette saine d'un artisan du bâtiment entre 15 et 30 % selon le métier, et la zone de risque sous 15 %. La marge minimale est une décision de direction, pas un chiffre du marché.

La marge cible : ce que vous visez sur une intervention ordinaire. Elle donne le prix conseillé. L'écart entre le conseillé et le plancher est votre marge de négociation, et elle est connue avant de décrocher le téléphone.

La formule, et le piège du coefficient

Prix plancher égale coût de revient divisé par un moins la marge minimale. Prix conseillé égale coût de revient divisé par un moins la marge cible. Ces deux divisions donnent une marge exprimée en pourcentage du prix de vente, ce que le cabinet appelle le taux de marge ou taux de marque selon les usages.

Beaucoup d'entreprises raisonnent en coefficient : un coût multiplié par 1,50. Ce coefficient ne donne pas 50 % de marge mais 33 % du prix de vente, puisque 50 sur 150 font un tiers. Un coefficient de 2 donne 50 % de marge sur le prix, pas 100 %. Les deux méthodes sont justes ; les confondre sur un même devis ne l'est pas. Le tableau ci-dessous donne la conversion.

Coefficient sur le coûtMarge sur le prix de vente
× 1,2016,7 %
× 1,3325 %
× 1,5033,3 %
× 1,5435 %
× 2,0050 %

Un exemple, ligne par ligne

Remplacement d'un mitigeur, une heure sur place, un mardi. Les montants sont un exemple.

  1. Technicien, 1 h au coût horaire chargé34,00 €
  2. Mitigeur, dernier prix d'achat connu38,00 €
  3. Déplacement, forfait23,00 €
  4. Frais généraux, 22 % du reste20,90 €
Coût de revient115,90 €
Plancher, marge minimale 25 %
154,53 €
Conseillé, marge cible 35 %
178,31 €
Facturé d'habitude
140,00 €

À 140 euros, l'intervention ne perd pas d'argent au sens strict : elle couvre son coût de revient de 115,90 euros et laisse 24,10 euros, soit 17 % du prix. Mais elle est sous le plancher que l'entreprise s'est fixé, et 17 % ne couvrent ni un imprévu, ni une deuxième visite, ni le mois de janvier. Le plancher sert exactement à ça : voir la limite avant de l'avoir franchie.

Ce qui fait bouger le plancher

  • Le prix d'achat de la pièce. Un mitigeur passé de 38 à 44 euros chez le grossiste déplace le plancher de huit euros. Si le catalogue n'est pas à jour, le plancher ne l'est pas non plus.
  • Le temps réel. Une heure prévue, une heure trente passée : le coût de main-d'œuvre augmente de moitié. C'est là que le pointage au geste devient un instrument de prix.
  • Les majorations. La nuit, le samedi, le dimanche, le férié et l'astreinte majorent le coût côté paie. Si elles ne majorent pas le prix côté vente, le plancher monte et le prix reste.
  • Le déplacement. Un forfait qui n'a pas bougé depuis trois ans ne couvre plus le carburant ni le temps. Un déplacement au kilomètre ou par zone tient mieux.

Quand vendre sous le plancher, et comment le savoir

Un dirigeant a le droit de vendre à perte : pour garder un client, pour prendre pied chez un syndic, pour finir un chantier. Ce n'est pas une faute, c'est une décision. La faute est de le faire sans le savoir. Le plancher se montre, il ne bloque pas ; ce qu'il interdit, c'est l'ignorance.

Deux règles tiennent la pratique. La première : un devis sous le plancher demande une validation de la direction, pas du technicien ni du bureau. La seconde : le plancher ne se montre jamais au technicien. Le prix de vente vient de la grille ; le coût de revient et la marge sont des données de direction, et un technicien qui connaît le plancher finira par le proposer.

Le plancher au quotidien

La formule se refait dans un tableur en dix minutes. Ce qui ne se fait pas dans un tableur, c'est de la refaire à chaque devis, avec le coût horaire du technicien affecté, le dernier prix d'achat de chaque pièce et le temps réellement pointé. C'est ce que fait Torvis : chaque devis porte son niveau de marge, au niveau, hors niveau ou sous le plancher, et chaque ligne se déplie pour montrer d'où vient son prix. Le plancher est calculé, marqué, et jamais affiché au terrain.

Repères de marge : publications professionnelles du bâtiment consultées le 9 septembre 2026. La marge minimale et la marge cible sont des décisions propres à chaque entreprise.

Questions fréquentes

Les questions qu'on nous pose sur ce sujet.

Une question qui n'est pas là ? Posez-la par le formulaire de contact, ou réservez trente minutes.

Quelle marge minimale pour un artisan ?

Les repères du secteur placent une marge nette saine entre 15 et 30 % du prix de vente selon le métier, et considèrent qu'en dessous de 15 % l'entreprise est en zone de risque. La marge minimale est une décision de direction : c'est le pourcentage sous lequel vous refusez de descendre sans validation. Beaucoup d'entreprises de dépannage la fixent entre 20 et 25 %.

Quelle différence entre prix plancher et seuil de rentabilité ?

Le seuil de rentabilité est un chiffre d'affaires annuel : celui à partir duquel l'entreprise couvre toutes ses charges. Le prix plancher est un prix par intervention : celui sous lequel cette intervention-là ne couvre pas son coût de revient avec la marge minimale. Le premier se lit au bilan, le second se lit sur le devis, avant l'envoi.

Faut-il montrer le prix plancher au technicien ?

Non. Le technicien chiffre depuis la grille de prix de vente et le bordereau de prestations. Le coût de revient, la marge et le plancher sont des données de direction. Si son devis descend sous une limite, une validation du bureau est demandée, sans lui expliquer pourquoi. Un technicien qui connaît le plancher finit par le proposer.

Coefficient ou taux de marge, lequel utiliser ?

Les deux sont justes, à condition de ne pas les confondre. Le coefficient multiplie le coût et va vite sur le terrain ; le taux de marge rapporte la marge au prix de vente et correspond à ce que lit le cabinet. Un coefficient de 1,50 donne 33 % de marge sur le prix, pas 50 %. La conversion est dans le tableau de cette fiche.

Phase de test

Le logiciel tourne. Nous cherchons les entreprises qui le feront tenir sur le terrain.

Torvis est déployé et se teste avec un premier cercle d'entreprises de dépannage. Vous l'utilisez sur vos vraies interventions, vous nous dites ce qui manque, et les dix premières clientes gardent 10 % de remise pendant douze mois.