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Les heures et la paie BTP

La fiche navette : ce que le cabinet attend

Chaque mois, le cabinet ne peut pas deviner les heures de Karim ni le nombre de paniers de Franck. Il attend une fiche navette : le récapitulatif des variables de paie de chaque salarié, avec le détail qui lui permet de vérifier sans rappeler. Dans le bâtiment, cette fiche a des lignes que les autres secteurs n'ont pas, et chaque trou coûte un aller-retour.

Publié le 9 septembre 20265 min de lecturePar MEI Group, éditeur de Torvis

La fiche navette de paie est le document, papier ou numérique, par lequel l'entreprise transmet chaque mois à son cabinet comptable les éléments variables de paie de chaque salarié : heures travaillées, heures supplémentaires, primes, absences, indemnités, acomptes. Le cabinet en fait les bulletins et la déclaration sociale. Dans le bâtiment, la navette porte en plus les paniers, les indemnités de trajet et de transport par zone, les astreintes, les intempéries et les sorties de grand déplacement, chacune avec sa règle de convention collective.

Pourquoi la paie du bâtiment a besoin d'une navette plus longue

Un salarié de bureau a un salaire fixe, des congés et parfois une prime. Un ouvrier du bâtiment a des heures qui changent chaque semaine, des majorations qui dépendent du jour, un repas qui dépend du chantier, un trajet qui dépend de la zone, une astreinte qui dépend du planning, et des congés versés par une caisse extérieure, la caisse Congés Intempéries BTP, à laquelle l'employeur cotise sur sa masse salariale. Chacune de ces lignes est une variable, et chaque variable naît sur le terrain.

Le cabinet connaît les règles. Ce qu'il ne connaît pas, c'est ce qui s'est passé : combien d'heures, quel jour, où, avec quoi. C'est ce que la navette lui apporte, et c'est ce que l'entreprise ressaisit une fois par mois, souvent un dimanche soir, à partir de carnets et de souvenirs.

Les familles de variables, une par une

FamilleCe que le cabinet attendD'où ça vient
TempsHeures travaillées par jour et par semaine, trajet et temps sur site distingués si la convention le demandeLe pointage du technicien
Heures supplémentairesVentilées par tranche selon la convention, dimanche et fériés à partLe calcul hebdomadaire sur les heures pointées
AstreintesNombre de périodes, sorties effectuées avec leur date et leur duréeLe planning et les interventions d'origine astreinte
PaniersNombre de jours ouvrant droit à l'indemnité de repasLes jours de chantier sans retour possible au domicile
DéplacementsIndemnités de trajet et de transport par zone, grand déplacement avec les nuitsLa distance du dépôt au chantier de chaque jour
AbsencesCongés payés, maladie avec dates et arrêt, accident, formation, sans soldeLes demandes validées
IntempériesJournées ou demi-journées perdues, chantier concernéLa décision du chef d'entreprise, le jour même
Primes et acomptesPrimes ponctuelles avec leur motif, acomptes versés dans le moisLa direction
MouvementsEntrées, sorties, changements de coefficient ou de contratLes ressources humaines

Chaque famille a ses pièges. Une heure supplémentaire se compte à la semaine, pas au mois : deux semaines à 32 heures et deux à 42 ne font pas zéro heure supplémentaire. Un panier se doit quand le salarié ne peut pas rentrer déjeuner, ce qui dépend du chantier et pas de l'habitude. Une indemnité de trajet dépend de la zone de chaque chantier, mesurée à partir du siège ou du dépôt. Une astreinte non sortie et une astreinte sortie ne se paient pas pareil.

Le détail justificatif, ligne par ligne

Un total d'heures supplémentaires ne suffit pas au cabinet. S'il lit 5 h 30 pour Franck, il doit pouvoir voir la semaine : 40 h 30 travaillées du 7 au 13 septembre, 35 heures normales, 5 h 30 en première tranche. S'il lit deux sorties d'astreinte, il doit voir les deux interventions, leur date et leur durée. Ce détail sert au contrôle du cabinet, à la réponse au salarié qui conteste, et à l'inspection qui demande.

C'est aussi ce qui permet de ne pas rappeler. Un cabinet qui reçoit un total sans détail appelle pour vérifier ; un cabinet qui reçoit le détail vérifie seul.

Les trous, et ce qu'ils coûtent

Un pointage manquant un jeudi, une absence non qualifiée, une astreinte déclarée sans sortie rattachée, un salarié sans coefficient. Chaque trou découvert par le cabinet coûte un aller-retour par courriel, un jour de retard sur les bulletins, et parfois une déclaration sociale à corriger le mois suivant. Découvert après le bulletin, il coûte une réclamation du salarié et une régularisation.

La règle qui tient : une navette ne part jamais avec un trou. Avant l'envoi, chaque manque est levé : le geste oublié est complété avec son heure, l'absence est qualifiée, la sortie est rattachée. Ce contrôle prend dix minutes s'il est fait au fil du mois, et une soirée s'il est fait le 2.

Le calendrier d'un mois qui se passe bien

  • Chaque jour : les gestes du terrain sont faits, les absences du jour sont posées.
  • Chaque lundi : la semaine précédente est relue, les heures supplémentaires apparaissent, les anomalies se corrigent à chaud.
  • Le dernier jour ouvré : le mois se calcule, les anomalies restantes se lèvent, la navette se verrouille.
  • Le 1er ou le 2 : la navette part au cabinet, avec le détail. Le cabinet ne rappelle pas.
  • Vers le 5 : les bulletins reviennent, et les heures qui les ont produits sont les mêmes que celles qui ont servi à la marge des interventions.

Remplir la navette sans la ressaisir

Toutes les variables de la navette naissent d'un geste ou d'une décision qui a déjà eu lieu ailleurs. Le technicien a appuyé sur « je pars », « je suis sur place », « j'ai terminé » : ce sont ses heures, son trajet et son temps sur site. Le planning porte ses chantiers, donc ses zones et ses paniers. Les astreintes sont dans le planning, les sorties sont des interventions. Les absences sont validées. Il ne manque que de les rassembler sans les retaper.

C'est ce que fait Torvis : les gestes du terrain deviennent des heures, les heures supplémentaires se ventilent selon vos paramètres de convention, les paniers, les astreintes, les absences et les intempéries entrent dans la fiche, chaque manque ouvre une anomalie, et la fiche navette ne s'exporte qu'à zéro anomalie. Torvis n'édite pas de bulletin ; il produit ce qui permet au cabinet de l'éditer. Le détail est sur la page heures et paie BTP.

Sources : conventions collectives nationales des ouvriers, ETAM et cadres du bâtiment ; code du travail, articles L3121-27 et suivants sur les heures supplémentaires ; documentation des caisses Congés Intempéries BTP. Les seuils, taux et zones sont ceux de la convention et des accords applicables à chaque entreprise. Vérifié le 9 septembre 2026.

Questions fréquentes

Les questions qu'on nous pose sur ce sujet.

Une question qui n'est pas là ? Posez-la par le formulaire de contact, ou réservez trente minutes.

Qu'est-ce qu'une variable de paie ?

Un élément de la paie qui change d'un mois à l'autre et que le cabinet ne peut pas connaître sans l'entreprise : heures travaillées, heures supplémentaires, primes, absences, indemnités, acomptes. Le salaire de base n'est pas une variable ; le nombre de paniers du mois en est une. La fiche navette est la liste de ces variables, par salarié.

Le cabinet peut-il calculer les heures supplémentaires lui-même ?

Oui, à condition de recevoir les heures travaillées par jour et par semaine, pas un total mensuel. Les heures supplémentaires se décomptent à la semaine, par tranche, avec le dimanche et les fériés à part. Beaucoup d'entreprises préfèrent envoyer les heures déjà ventilées, avec le détail de chaque semaine, pour que le cabinet contrôle au lieu de calculer.

L'indemnité de trajet est-elle une variable de paie ?

Oui. Dans le bâtiment, les indemnités de petits déplacements, trajet, transport et repas, dépendent de la zone du chantier de chaque jour, mesurée depuis le siège ou le dépôt selon les règles de la convention. Elles changent donc chaque mois, et la navette doit indiquer le nombre de jours par zone pour chaque salarié.

Sous quel format envoyer la fiche navette ?

Celui que le cabinet accepte : un tableur avec une ligne par variable et par salarié est le plus courant, certains cabinets ont un espace de dépôt ou acceptent un fichier structuré. Ce qui compte plus que le format, c'est le détail justificatif joint et l'absence de trou.

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