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Les heures et la paie BTP

L'astreinte dans le bâtiment : temps de travail et compensation

Un technicien d'astreinte n'est pas au travail, jusqu'à ce que le téléphone sonne. À partir de là, tout compte : le trajet, l'intervention, le retour, et le repos qu'il faudra redonner. Voici ce que dit le code du travail, ce que la convention laisse à l'accord d'entreprise, et ce que la fiche navette doit porter pour que la paie soit juste.

Publié le 9 septembre 20264 min de lecturePar MEI Group, éditeur de Torvis

L'astreinte dans le bâtiment est une période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail ni à la disposition permanente de l'employeur, doit pouvoir intervenir. C'est l'article L3121-9 du code du travail. La période d'astreinte elle-même n'est pas du temps de travail effectif, mais elle donne droit à une compensation, financière ou en repos. La durée de l'intervention, trajet compris, est du temps de travail effectif, payée comme telle et majorée si elle tombe la nuit, le dimanche ou un jour férié.

Ce qui compte, et ce qui ne compte pas

MomentTemps de travail effectifCe qui est dû
La période d'astreinte, sans appelNonLa compensation d'astreinte, financière ou en repos
Le trajet vers le lieu d'interventionOuiLe salaire, majoré selon l'heure
L'interventionOuiLe salaire, majoré selon l'heure
Le retourOuiLe salaire, majoré selon l'heure
L'appel téléphonique réglé à distanceOui, pour sa duréeLe salaire, au prorata

Le trajet compte parce que la Cour de cassation le juge ainsi depuis 2007 : le temps de déplacement pour une intervention pendant l'astreinte est du temps de travail effectif, aller et retour. Une entreprise qui ne paie que l'heure passée chez le client doit une heure de plus, et souvent une majoration de nuit.

La compensation, qui la fixe

La loi impose une contrepartie, elle n'en fixe pas le montant. C'est la convention collective ou l'accord d'entreprise qui le fait, et, à défaut, l'employeur après avis du comité social et économique et information de l'inspection du travail. Les conventions du bâtiment renvoient largement à l'accord d'entreprise ; une prime par nuit ou par semaine d'astreinte, distincte de la rémunération des sorties, est la forme la plus courante. Ce montant est un paramètre de paie, écrit, daté, remis au salarié.

Le repos, que l'astreinte ne doit pas manger

Une astreinte sans intervention compte dans le repos quotidien de onze heures et dans le repos hebdomadaire de trente-cinq heures. Une intervention l'interrompt : si le salarié n'a pas déjà eu ses onze heures de repos avant l'appel, il doit les recevoir en entier après l'intervention, ce qui peut décaler sa prise de poste du lendemain. Une sortie à trois heures du matin qui se termine à cinq heures interdit de commencer la journée à sept. C'est la règle la plus souvent violée, et la plus coûteuse en cas de contrôle ou d'accident.

Prévenir, et rendre compte

Le salarié est informé de sa programmation individuelle dans un délai raisonnable, quinze jours à défaut d'accord, ramené à un jour franc en cas de circonstances exceptionnelles. En fin de mois, l'employeur lui remet un document récapitulant les heures d'astreinte accomplies et la compensation correspondante. Ce récapitulatif est aussi ce que le cabinet de paie attend.

Ce que coûte une nuit d'astreinte

Un exemple, à remplacer par vos paramètres. Une astreinte du samedi 18 heures au lundi 7 heures, avec une sortie le dimanche de 2 h à 4 h 30, trajet compris. La compensation d'astreinte de l'accord d'entreprise, disons 60 euros pour le week-end. La sortie, deux heures et demie de travail effectif un dimanche de nuit, au taux horaire majoré selon la convention et l'accord, autour de 100 % : deux heures et demie à 29 euros pour un salarié payé 14,50 euros, soit 72,50 euros. Total employeur avant charges : 132,50 euros. La facture de l'intervention au client, avec majoration d'urgence de nuit et de dimanche, doit couvrir ce coût, le fourgon et le repos décalé du lundi.

Ce que la fiche navette doit porter

  • Les périodes d'astreinte, avec leurs bornes.
  • Chaque sortie, rattachée à son intervention, avec l'heure de départ et l'heure de retour.
  • Les heures de nuit, de dimanche et de jour férié, à part, avec leur majoration.
  • La compensation due, selon l'accord.
  • Le repos quotidien décalé, s'il y a eu lieu.

Une sortie d'astreinte sans intervention rattachée est une anomalie : soit l'intervention manque, soit la sortie n'a pas eu lieu. Elle se règle avant la navette, pas après le bulletin.

Dans Torvis, les heures et la paie enregistrent les périodes d'astreinte, rattachent chaque sortie à son intervention par les gestes du technicien, appliquent vos majorations de nuit et de dimanche comme des paramètres datés, et signalent une sortie sans intervention comme une anomalie bloquante. La facture au client reprend le même temps, avec la majoration d'urgence.

Code du travail, articles L3121-9 à L3121-12 et R3121-2, Légifrance, vérifiés le 9 septembre 2026. Temps de trajet pendant l'astreinte : Cour de cassation, chambre sociale, 31 octobre 2007, pourvoi n° 06-43.834. Repos quotidien et astreinte : article L3131-1 du code du travail et jurisprudence constante. Les montants de l'exemple sont illustratifs ; la compensation et les majorations sont celles de votre accord.

Questions fréquentes

Les questions qu'on nous pose sur ce sujet.

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L'astreinte est-elle du temps de travail ?

Non, tant que le salarié n'intervient pas : la période d'astreinte donne droit à une compensation, financière ou en repos, mais ne compte pas comme temps de travail effectif. Dès l'appel, l'intervention et le trajet aller-retour sont du temps de travail effectif, payés et majorés selon l'heure.

Comment est rémunérée une astreinte dans le BTP ?

Par une compensation dont le montant est fixé par la convention collective ou l'accord d'entreprise, et à défaut par l'employeur après avis du comité social et économique. Les conventions du bâtiment renvoient largement à l'accord d'entreprise ; une prime par nuit ou par semaine d'astreinte est la forme la plus courante. Les sorties se paient en plus, en temps de travail.

Un technicien peut-il reprendre à 7 h après une sortie de nuit ?

Pas s'il n'a pas eu onze heures de repos consécutives. Une intervention qui interrompt le repos quotidien oblige à le redonner en entier après la sortie. Une sortie terminée à 5 heures repousse la prise de poste à 16 heures, sauf si les onze heures avaient déjà été prises avant l'appel.

Le trajet d'une sortie d'astreinte est-il payé ?

Oui. Depuis un arrêt de la Cour de cassation de 2007, le temps de déplacement pour une intervention pendant l'astreinte est du temps de travail effectif, aller et retour. Il se paie au taux horaire, majoré si le trajet a lieu la nuit, le dimanche ou un jour férié.

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