L'astreinte dans le bâtiment est une période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail ni à la disposition permanente de l'employeur, doit pouvoir intervenir. C'est l'article L3121-9 du code du travail. La période d'astreinte elle-même n'est pas du temps de travail effectif, mais elle donne droit à une compensation, financière ou en repos. La durée de l'intervention, trajet compris, est du temps de travail effectif, payée comme telle et majorée si elle tombe la nuit, le dimanche ou un jour férié.
Ce qui compte, et ce qui ne compte pas
| Moment | Temps de travail effectif | Ce qui est dû |
|---|---|---|
| La période d'astreinte, sans appel | Non | La compensation d'astreinte, financière ou en repos |
| Le trajet vers le lieu d'intervention | Oui | Le salaire, majoré selon l'heure |
| L'intervention | Oui | Le salaire, majoré selon l'heure |
| Le retour | Oui | Le salaire, majoré selon l'heure |
| L'appel téléphonique réglé à distance | Oui, pour sa durée | Le salaire, au prorata |
Le trajet compte parce que la Cour de cassation le juge ainsi depuis 2007 : le temps de déplacement pour une intervention pendant l'astreinte est du temps de travail effectif, aller et retour. Une entreprise qui ne paie que l'heure passée chez le client doit une heure de plus, et souvent une majoration de nuit.
La compensation, qui la fixe
La loi impose une contrepartie, elle n'en fixe pas le montant. C'est la convention collective ou l'accord d'entreprise qui le fait, et, à défaut, l'employeur après avis du comité social et économique et information de l'inspection du travail. Les conventions du bâtiment renvoient largement à l'accord d'entreprise ; une prime par nuit ou par semaine d'astreinte, distincte de la rémunération des sorties, est la forme la plus courante. Ce montant est un paramètre de paie, écrit, daté, remis au salarié.
Le repos, que l'astreinte ne doit pas manger
Une astreinte sans intervention compte dans le repos quotidien de onze heures et dans le repos hebdomadaire de trente-cinq heures. Une intervention l'interrompt : si le salarié n'a pas déjà eu ses onze heures de repos avant l'appel, il doit les recevoir en entier après l'intervention, ce qui peut décaler sa prise de poste du lendemain. Une sortie à trois heures du matin qui se termine à cinq heures interdit de commencer la journée à sept. C'est la règle la plus souvent violée, et la plus coûteuse en cas de contrôle ou d'accident.
Prévenir, et rendre compte
Le salarié est informé de sa programmation individuelle dans un délai raisonnable, quinze jours à défaut d'accord, ramené à un jour franc en cas de circonstances exceptionnelles. En fin de mois, l'employeur lui remet un document récapitulant les heures d'astreinte accomplies et la compensation correspondante. Ce récapitulatif est aussi ce que le cabinet de paie attend.
Ce que coûte une nuit d'astreinte
Un exemple, à remplacer par vos paramètres. Une astreinte du samedi 18 heures au lundi 7 heures, avec une sortie le dimanche de 2 h à 4 h 30, trajet compris. La compensation d'astreinte de l'accord d'entreprise, disons 60 euros pour le week-end. La sortie, deux heures et demie de travail effectif un dimanche de nuit, au taux horaire majoré selon la convention et l'accord, autour de 100 % : deux heures et demie à 29 euros pour un salarié payé 14,50 euros, soit 72,50 euros. Total employeur avant charges : 132,50 euros. La facture de l'intervention au client, avec majoration d'urgence de nuit et de dimanche, doit couvrir ce coût, le fourgon et le repos décalé du lundi.
Ce que la fiche navette doit porter
- Les périodes d'astreinte, avec leurs bornes.
- Chaque sortie, rattachée à son intervention, avec l'heure de départ et l'heure de retour.
- Les heures de nuit, de dimanche et de jour férié, à part, avec leur majoration.
- La compensation due, selon l'accord.
- Le repos quotidien décalé, s'il y a eu lieu.
Une sortie d'astreinte sans intervention rattachée est une anomalie : soit l'intervention manque, soit la sortie n'a pas eu lieu. Elle se règle avant la navette, pas après le bulletin.
Dans Torvis, les heures et la paie enregistrent les périodes d'astreinte, rattachent chaque sortie à son intervention par les gestes du technicien, appliquent vos majorations de nuit et de dimanche comme des paramètres datés, et signalent une sortie sans intervention comme une anomalie bloquante. La facture au client reprend le même temps, avec la majoration d'urgence.
Code du travail, articles L3121-9 à L3121-12 et R3121-2, Légifrance, vérifiés le 9 septembre 2026. Temps de trajet pendant l'astreinte : Cour de cassation, chambre sociale, 31 octobre 2007, pourvoi n° 06-43.834. Repos quotidien et astreinte : article L3131-1 du code du travail et jurisprudence constante. Les montants de l'exemple sont illustratifs ; la compensation et les majorations sont celles de votre accord.