Le stock en camionnette d'un artisan du dépannage est l'ensemble des pièces et consommables embarqués dans chaque véhicule d'intervention : raccords, flexibles, joints, mitigeurs, disjoncteurs, cylindres, selon le métier. C'est du stock au sens comptable, payé et immobilisé, et il doit figurer à l'inventaire comme celui du dépôt. Trois fourgons transportent couramment entre quatre et huit mille euros de pièces ; une part de ce montant ne bouge plus depuis des mois, et personne ne le sait, parce que personne ne compte ce qui roule.
Ce qui dort dans les fourgons, et ce que ça vaut
Le mécanisme est toujours le même. Un technicien prend au dépôt ce dont il pense avoir besoin, pose ce qu'il pose, rapporte rarement le reste. Au fil des mois, le fourgon accumule des pièces prises pour un chantier qui n'a pas eu lieu, des références remplacées par une autre, des consommables en double. Le dépôt, lui, affiche une rupture sur ces mêmes références, et le bureau commande en urgence, au prix fort, ce qui dort à vingt mètres.
Chiffrer ce qui dort est la première étape, et la plus utile : multiplier chaque référence sans mouvement depuis quatre-vingt-dix jours par son dernier prix d'achat. Le résultat est de la trésorerie immobilisée, et il surprend presque toujours.
Pourquoi le stock embarqué disparaît des comptes
Parce qu'il n'est à aucun endroit fixe. Un logiciel de gestion qui ne connaît qu'un stock global voit une sortie du dépôt vers le fourgon comme une consommation, et le fourgon comme un trou noir. Le stock n'est pourtant pas un nombre sur l'article : c'est un couple article-emplacement, et un historique de mouvements. Le dépôt est un emplacement. Chaque fourgon en est un. Ce qui est commandé et pas encore reçu est en transit, un troisième emplacement.
La dotation de référence, par véhicule
La dotation est la liste des pièces qui doivent toujours être dans un fourgon, avec un minimum et une cible. Vingt à trente références suffisent pour l'essentiel du dépannage d'un métier, et elles se trouvent en regardant les interventions des six derniers mois : ce qui a été posé plus de dix fois est une pièce de dotation.
| Référence | Minimum | Cible | Pourquoi |
|---|---|---|---|
| Flexible 3/8, 300 mm | 4 | 10 | Posé sur une intervention sur trois |
| Mitigeur évier chromé | 1 | 2 | Remplacé souvent, encombrant, cher à immobiliser en nombre |
| Joint fibre 20/27, sachet | 3 | 5 | Consommable, peu cher, catastrophique quand il manque |
| Groupe de sécurité 7 bar | 1 | 2 | Une pièce manquante égale une deuxième visite |
| Cartouche thermostatique | 0 | 1 | Selon la saison : cible à 2 l'hiver |
Les montants et les références sont un exemple de plomberie. Un électricien aura ses disjoncteurs et ses dominos, un serrurier ses cylindres. La logique ne change pas : un minimum qui déclenche, une cible qui dit combien recharger.
Compter sans arrêter l'activité
L'inventaire annuel du fourgon, un samedi, avec un carnet, donne un chiffre juste un jour par an. L'inventaire tournant donne un chiffre juste tout le temps : chaque semaine, le technicien scanne ce qui est dans son fourgon, dix minutes au dépôt ou au premier chantier. L'inventaire remplace le solde théorique par la quantité comptée et porte l'écart. Un fourgon par semaine, et tous les fourgons sont comptés chaque mois sans jamais s'arrêter.
La pièce sort du stock à la pose, pas à la facturation. Si elle sort trois jours plus tard, quand la facture est faite, le solde du fourgon ment pendant trois jours, et la dotation ne se recharge pas à temps. Le scan de la pièce posée, sur le chantier, est le geste qui tient tout le reste.
Le terrain gagne. Ce qui a été scanné a été posé. Si le solde d'un fourgon passe en négatif, ce n'est pas une erreur de saisie du technicien, c'est un inventaire faux : quelqu'un a pris une pièce sans mouvement, ou un retour n'a pas été enregistré. La bonne réponse est un écart à recompter, jamais un rejet du scan.
Les seuils par période
Une cartouche thermostatique tourne en hiver, un ventilateur de climatisation en été. Un seuil fixe à l'année est faux la moitié du temps : trop haut en morte saison, il immobilise ; trop bas en saison, il provoque la rupture. Le seuil minimal et la cible se fixent par article, par emplacement et par période, à partir de la consommation observée. Ce qui passe sous le seuil se liste, se groupe par fournisseur, et devient une commande qu'on valide en décochant ce qu'on ne veut pas.
Les pièces dormantes, à quatre-vingt-dix jours
Une référence sans mouvement depuis quatre-vingt-dix jours dans un fourgon n'a pas de raison d'y être. Elle retourne au dépôt, où elle servira à un autre technicien, ou elle sort de la dotation. Le seuil de quatre-vingt-dix jours est un repère, pas une règle : un groupe de sécurité peut dormir six mois et sauver une intervention. Ce qui compte, c'est de le savoir, et de le chiffrer.
Ce que fait un logiciel de stock, ou devrait faire
Connaître un emplacement par véhicule. Décrémenter au scan, sur le chantier. Refuser de modifier un mouvement passé et corriger par un contre-mouvement. Porter des seuils par période. Chiffrer ce qui dort. Grouper le réassort par fournisseur. C'est ce que fait le module stock et camionnettes de Torvis : le scan du technicien décrémente son fourgon à l'instant, un solde négatif ouvre un écart pour le bureau, les seuils suivent la saison, et les analyses affichent la valeur du stock, la part qui roule et les pièces sans mouvement depuis quatre-vingt-dix jours.
Repères de dotation et d'inventaire tournant : pratiques des entreprises de maintenance et de dépannage, publications professionnelles consultées le 9 septembre 2026. Les références et les quantités sont un exemple.